Aller au contenu
UFR Ingémedia
Tous les outils

Google Analytics 4

L’outil de mesure d’audience de référence, fondé sur les événements : sessions, parcours, conversions et sources de trafic, sur le site comme dans une application.

Réf.
Outil 01 / 16
Catégorie
Analytics et mesure
Tarif
Gratuit
Guide
Lire et nettoyer un export CSV · 40 min

La fiche

Idéal pour
Mesurer le trafic et les conversions d’un site, quelle que soit sa taille.
Points forts
  • Lien natif avec Google Ads et Search Console
  • Explorations libres (entonnoirs, chemins, cohortes)
  • Export vers BigQuery
Tarif
Gratuit · Gratuit pour l’usage décrit dans le cours.

Dans le cours

Lire et nettoyer un export CSV

Ouvrir un export sans le casser, repérer séparateurs, encodage et formats de nombres, nettoyer, puis croiser des sources : la méthode, et les pièges réels des fichiers du dossier.

Qu’est-ce qu’un fichier CSV ?

Un fichier CSV (comma-separated values, valeurs séparées par des virgules) stocke un tableau en texte brut : une ligne par enregistrement, des champs séparés par un caractère convenu. C’est le format d’échange de presque tous les outils marketing : GA4, Google Ads, Meta, Search Console, les CRM et les outils d’e-mailing exportent tous en CSV.

Exemple d’export de campagnes : Campagne,Impressions,Clics,Conversions,Coût puis Recherche - Marque,12500,840,35,456.78.

  • Simplicité : il s’ouvre avec n’importe quel éditeur de texte.
  • Compatibilité : tableurs, outils d’analyse et assistants IA le lisent tous.
  • Légèreté : bien moins lourd qu’un classeur.
  • Fragilité : aucun type n’est déclaré ; c’est à vous de dire ce qui est une date, un nombre ou un texte.

Identifier le séparateur

Malgré son nom, un CSV n’utilise pas toujours la virgule. Avant tout, ouvrez le fichier dans un éditeur de texte et regardez la première ligne.

  • Virgule : le standard international.
  • Point-virgule : fréquent dans les pays où la virgule sert de séparateur décimal, dont la France ; Excel en français l’utilise par défaut.
  • Tabulation : fichiers dits TSV, fréquents dans les exports Google Ads.
  • Barre verticale : plus rare, quand les données contiennent beaucoup de virgules.

Quand une valeur contient le séparateur (un titre de page « Abri voiture, carport et pergola »), elle est entourée de guillemets. Un vrai lecteur de CSV le sait ; un découpage « à la main » sur la virgule casse la ligne.

Dans un tableur, importez le fichier (Données, puis Importer) au lieu de l’ouvrir d’un double clic : vous choisissez le séparateur, l’encodage et le type de chaque colonne au lieu de laisser le logiciel deviner.

Vérifier l’encodage et les formats

  • Encodage : un export en UTF-16 ou en Windows-1252 ouvert comme de l’UTF-8 affiche des accents cassés (« Ã© » au lieu de « é »). Rouvrez-le en précisant l’encodage.
  • Nombres : « 11 925,86 € » (format français, espace insécable et symbole) n’est pas un nombre pour un tableur réglé en anglais ; « 45.13% » n’en est pas un pour un tableur réglé en français.
  • Dates : « 14 févr. », « 14/02 » et « 02/14 » ne disent pas la même chose ; convertissez tout au format AAAA-MM-JJ avant de trier.
  • Lignes parasites : préambule au-dessus de l’en-tête, lignes de total en bas, lignes de commentaire : à retirer avant de compter.

Nettoyer sans perdre l’information

  1. Garder le brut : copiez le fichier d’origine et ne travaillez que sur la copie. Notez chaque transformation : un chiffre doit pouvoir être refait.
  2. Traiter les valeurs manquantes : supprimez la ligne, remplacez par zéro ou par la médiane, ou marquez la valeur comme manquante. Le choix dépend du sens : un coût vide n’est pas un coût nul.
  3. Standardiser : même format de date, même séparateur décimal, mêmes noms de campagne (casse, espaces en trop, espaces insécables).
  4. Dédoublonner : définissez ce qui rend une ligne unique (une campagne, un jour, un appareil) avant de supprimer quoi que ce soit.
  5. Contrôler la cohérence : des clics supérieurs aux impressions, un taux au-dessus de 100 % ou une date future signalent une erreur de lecture.
  6. Recompter à la main : refaites deux ou trois totaux sur le fichier d’origine et comparez-les à l’interface de l’outil.

Exporter depuis les outils du métier

  • GA4 : dans un rapport ou une exploration, icône de partage puis « Télécharger le fichier » ; GA4 ajoute des lignes de commentaire (« # ») au-dessus des tableaux.
  • Google Ads : bouton de téléchargement au-dessus de chaque tableau ; les nombres suivent la langue du compte, et certains rapports ajoutent un préambule et des lignes de total.
  • Meta Ads Manager : « Exporter » dans le gestionnaire de publicités, en CSV ou en classeur ; vérifiez la colonne qui dit ce que compte « Résultats ».
  • Search Console : « Exporter » en haut du rapport de performances ; 1 000 lignes au plus par onglet dans l’interface.
  • CRM (Pipedrive, HubSpot) : export des affaires ou des contacts depuis la vue liste, avec les colonnes affichées ; pensez aux données personnelles avant de partager le fichier.

Les pièges des fichiers des cinq dossiers

Les CSV des dossiers sont publiés tels que les outils les ont produits, avec les seules retouches qui protègent les personnes : leurs défauts font partie de l’exercice. Chaque fiche de données liste ses pièges ; voici ceux qui reviennent.

  • Du texte dans une colonne de nombres : chez Bricometal, l’heure de commande vaut « autre heure » pour les créneaux trop petits pour être publiés seuls (fiche bricometal-site-heures) ; au Café de l’Homme, la dépense des plus grosses tables vaut « 1600 et plus » (fiche cafe-de-l-homme-reservations-anonymes-extrait). Un tableur lit alors toute la colonne comme du texte.
  • Deux formats décimaux dans un même dossier : Search Console écrit « 45.13% » avec un point, le rank tracker de Déco Charpente « 0,28 » avec une virgule (fiche gsc-requetes, fiche rank-tracker).
  • Retours à la ligne à l’intérieur des guillemets : le fichier des requêtes Search Console compte 1 003 lignes physiques pour 1 000 enregistrements ; un comptage de lignes brut se trompe, un vrai lecteur de CSV non.
  • Une case vide n’est pas un zéro : pour protéger les personnes, le nombre d’acheteurs d’une ligne de moins de 10 bénéficiaires est vidé au COS (fiche cos-ticketnet-ventes-mois-canal), et au Café de l’Homme les statuts et couverts d’un service de moins de 5 réservations ; le chiffre d’affaires, lui, ne s’y lit que par mois (fiche cafe-de-l-homme-services-jours).
  • Des lignes qui couvrent plusieurs mois : au COS, une ligne regroupée « 2020-04 à 2020-05 » réunit deux mois trop petits pour être publiés seuls ; un filtre ou un graphique par mois doit la traiter à part (fiche cos-ticketnet-ventes-mois-canal).
  • La moyenne des taux n’est pas le taux : aux newsletters du COS, la moyenne simple des taux d’ouverture d’une année donne autant de poids à un petit envoi qu’à un gros : en 2018, elle donne 34,2 % sur 75 envois, quand les ouvreurs rapportés aux destinataires donnent 16,4 % (fiche cos-ticketnet-newsletters-envois).
  • Un statut qui change de sens : jusqu’en septembre 2019, une commande abandonnée sur le site du COS finit souvent « annulée » ; depuis octobre 2019, elle reste « non finalisée » (fiche cos-ticketnet-web-commandes-mois).
  • Ordre et période à vérifier : la série quotidienne Search Console est en ordre antichronologique (fiche gsc-jours), et au Café Max un taux par jour se calcule sur les jours ouverts, jamais sur les jours du calendrier (fiche cafe-max-reservations-jours).

Un fichier qui ne liste qu’une partie de l’activité ne donne pas le total : l’export Search Console de Déco Charpente plafonne à 1 000 requêtes (4 245 clics, contre 12 909 sur l’année), et le fichier des lignes FAC de Bricometal ne détaille que les produits de cette marque. Vérifiez toujours ce que le fichier ne contient pas.

Croiser plusieurs sources

  1. Partir de la question : quelle décision ce croisement doit-il éclairer ? Elle dit quelles colonnes garder.
  2. Aligner les périodes : on ne croise que la plage commune à toutes les sources, et l’on vérifie que les semaines commencent le même jour.
  3. Aligner les définitions : une session GA4, un clic Google Ads et un lead Meta ne sont pas la même chose ; nommez ce que vous comparez.
  4. Trouver la clé commune : nom de campagne, paramètres UTM, date ; harmonisez-la avant la jointure.
  5. Calculer, puis vérifier : recalculez un indicateur à la main sur deux lignes avant de tracer le moindre graphique.

Trois croisements reviennent sans cesse en agence. Chacun a sa question, ses fichiers et sa clé de jointure :

  • Performance des campagnes : quelles campagnes méritent le budget ? Exports Google Ads, Meta et LinkedIn, conversions GA4, ventes du CRM. Clé : nom de campagne harmonisé et paramètres UTM, à la semaine. Sortie : coût par lead et coût par vente par campagne, ROAS quand la vente est connue.
  • Segmentation client : à qui envoyer quel message ? Historique d’achat du CRM, ouvertures et clics de l’e-mailing, comportement sur le site. Clé : identifiant client ou e-mail. Sortie : quelques segments nommés (récence, fréquence, montant) exportés vers l’outil d’e-mailing ou les audiences publicitaires.
  • Parcours client : où perd-on les visiteurs ? Tunnel et chemins GA4, cartes de chaleur, réponses d’enquête. Clé : page ou étape du tunnel. Sortie : la liste des étapes qui fuient, classées par volume perdu, avec le motif le plus cité.

Ce qui sert dans les trois cas : harmoniser les noms (campagnes, canaux, étapes) avant de joindre, garder un dictionnaire de données qui dit d’où vient chaque colonne, automatiser l’export dès qu’il revient chaque semaine, et choisir le graphique d’après la décision à prendre.

La valeur d’un CSV ne tient pas aux données elles-mêmes mais à la question qu’on lui pose : partez de la décision à prendre, puis cherchez les colonnes qui y répondent.